Eglise

L’église de St Germain

EGLISE OUVERTE

Depuis l’été 2011, durant la saison touristique du Torrent-Neuf, une équipe de bénévoles de la communauté permet aux touristes de devenir pèlerins l’espace d’une visite à notre église paroissiale du XVIe siècle. L’équipe désormais organise l’ouverture durant les manifestations conséquentes qui ont lieu sur la commune (Fête cantonale des Costume, Festival de chant, Fête-Dieu, …)

Information ou devenir membre de l’équipe « église ouverte » :

contact : secrétariat de la cure cure.saviese@netplus.ch

Informations pour une visite guidée :

Contact : Secrétariat Commune de Savièse ( 027 396 10 22 )

Equipe de guide en formation pour l’été 2012

Faire du touriste un pèlerin ….

Eglise ouverte, une invitation à prendre du temps pour découvrir l’église de St Germain.

Une exhortation à entrer et à se laisser imprégner par le lieu, son architecture, l’expression sociologique des vitraux, la beauté des mosaïques. C’est ce que des habitants et des hôtes de notre communes ont apprécié cet été.

Eglise ouverte, une atmosphère d’émerveillement, de paix, de recueillement. C’est aussi la joie de découvrir une église se prêtant à la prière silencieuse, à la contemplation, à la récitation du chapelet, au lâcher prise pour se laisser imprégner de la présence de Jésus Eucharistie.

Eglise ouverte, temps de prière pour les veilleurs, les accueillants. Echanges enrichissants avec les visiteurs, ouverture sur le monde.

Eglise ouverte, c’est redécouvrir le sens du sacré de notre église paroissiale, de son importance dans le quotidien heureux et triste de tout saviésan.

Eglise ouverte, un témoignage de foi et de joie de la communauté saviésanne dans un univers de plus en plus ébranlé par la violence et l’incertitude.

Eglise ouverte, une invitation estivale qui réjouit beaucoup de personnes d’ici et d’ailleurs.

«Je vous le dis, si mes disciples se taisent, les pierres crieront» (Luc 19,40)

Typiques nervures en tuf du pays et colonnes indestructibles pour l’église de St-Germain, murs accueillants et clochetons surgis du passé pour les diverses chapelles… accomplissant la promesse de Jésus, les pierres traversent les siècles, criant silencieusement la Présence de Celui que ces lieux de prière honorent.

Que les grandes orgues de nos pensées se taisent un instant !

Que surgisse sous nos voûtes intérieures un espace dépoussiéré!

Voici le moment favorable pour que Quelqu’un soit entendu!

Ouvrons les oreilles et les yeux !

Accueillons au sanctuaire de notre âme les formidables révélations de siècles de constructions matérielles !

Que l’église paroissiale, clocher élancé vers le Ciel, invite aujourd’hui à l’édification de notre être et à la construction d’une véritable communauté chrétienne!

Que les diverses chapelles, essaimées aux quatre coins de la paroisse, rappellent qu’en tout lieu, notre architecture intérieure a pour mission de refléter le bonheur d’être temple de l’Esprit-Saint !

Abbé Grégoire Zufferey St-Germain, le 28 mai 2003

L’édifice et son histoire

L’église paroissiale primitive, probablement précédée d’autres sanctuaires (Xe siècle ?), daterait du XIIIe siècle.

Détruite entièrement, à l’exception de la tour et des soubassements du choeur, lors de la guerre contre la Savoie qui s’achèvera par la bataille de la Planta en 1475, elle fut reconstruite et achevée en 1523 par l’architecte haut-valaisan Ulrich Ruffiner à qui l’on doit de nombreux autres monuments en Valais (église de Saint-Théodule à Sion, église de Loèche, église restaurée de Géronde, pont de Stalden et de Rümeling…).

A la faveur de travaux de restauration entrepris en 1880, deux chapelles latérales (les Tsapaouété) formant transept vinrent compléter la nef construite par Ruffiner.

Lors des importants travaux de restauration exécutés entre 1933 et 1935, la nef principale elle-même fut prolongée vers l’ouest de deux rangs de colonnes et élargie de deux petites nefs latérales formant les bas-côtés. La tribune fut également agrandie considérablement pour gagner des places, au détriment peut-être de l’équilibre de l’ensemble architectural.

Cette restauration est l’oeuvre de l’architecte Lucien Praz, de Sion, qui travailla en étroite collaboration avec le peintre Ernest Biéler et le curé Jean, desservant de la paroisse de Savièse à cette époque. Les frais furent couverts en l’espace de quelques années, grâce à la générosité des fidèles et au savoir faire de leur curé.

En 1976-1977, le curé Charles Mayor s’attacha à la délicate tâche de restaurer le clocher, conseillé par l’archéologue cantonal François- Olivier Dubuis. Ce monument remontant au XIIIe siècle méritait bien quelques aménagements, tout en respectant son caractère originel. Trois nouvelles cloches trouvèrent leur place en cette circonstance et la sonnerie fut électrifiée.

En 1983-1984, des travaux de restauration ont été entrepris par le curé Raphaël Ravaz. Des bancs respectant les lignes des anciens et un sol en marbre ont remplacé ceux réalisés en 1934. L’aménagement du transept a également été modifié, la peinture de la nef, rafraîchie, tandis que celle du choeur a été changée. Un document, placé dans le transept sud de l’église, conçu et réalisé par Marie-Odile Luyet, rappelle le 50e anniversaire de la grande restauration de 1934; il contient, avec la liste des desservants de la paroisse de Savièse à partir du XIIIe siècle, une dédicace de l’abbé Raphaël Ravaz, curé de Savièse, et un poème de l’auteur, à l’adresse de l’église elle-même.

L’architecture

L’architecture de l’église édifiée par Ulrich Ruffiner est de style gothique bourguignon. C’est un édifice à trois nefs, en forme traditionnelle de croix latine, orientée d’est en ouest. Les colonnes et les nervures qui supportent la voûte sont en tuf du pays. Elles ne comportent pas de chapiteau, ce qui ajoute à leur élégance, tout en faisant de l’église de Savièse un monument hors du commun.

Le clocher

Le clocher primitif, de style roman, date de 1270. Reconstruit en même temps que la nouvelle église, il reçut alors sa flèche gothique. Cette construction, s’aperçoit de très loin (avec ses quarante mètres de hauteur), et son faîte culmine à une altitude de huit-cent-cinquante-sept mètres. La première cloche provenait de l’ancienne église de Malerna, payée par une dame du nom de Maria Rocher, une rescapée de la peste qui ravagea la commune à cette époque. La sonnerie des cloches devenant très difficile, voire dangereuse, la réfection entreprise en 1976 permit en même temps sa modernisation.

L’ancien clocher supportait quatre cloches. Afin d’obtenir une gamme de sonneries complète, elles furent complétées par trois nouvelles. Ainsi fut atteinte la gamme idéale pour les spécialistes, gamme qui ponctue aujourd’hui les événements heureux ou tristes de la communauté saviésanne. La cloche provenant de Malerna remonte à 1470, la grande cloche, à 1834, la Métanie, à 1786 et la petite, à 1758. Quant aux toutes dernières, placées en 1977, elles portent les noms évocateurs de Germaine, Marie et Rose.

Les autels

Les autels furent restaurés en 1933. On les allégea pour gagner en sobriété et en pureté de lignes. La peinture qui empâtait le tout fut nettoyée, laissant apparaître l’or, l’argent et les tons délicats qui recouvraient les bois sculptés à l’origine.

Le maître-autel, dédié à saint Germain d’Auxerre, de style gothique finissant, annonce déjà le baroque. Il se compose de trois parties. L’étage supérieur comprend trois niches encadrées de colonnes torses. Saint Germain, crossé et mitré, occupe la place centrale ; saint Etienne et saint Laurent l’encadrent. Aux extrémités, semblant les protéger, d’un côté, saint Michel terrasse le dragon, de l’autre, l’ange gardien tient un enfant par la main. Le tabernacle, surmonté d’une remarquable statue du Christ, occupe le centre de l’étage médian. Les quatre évangélistes l’entourent. De chaque côté ont pris place sainte Catherine d’Alexandrie et saint Sébastien, deux martyrs. La table d’autel en marbre noir équilibre l’ensemble.

L’autel latéral sud, de style baroque, est dédié à la Sainte Vierge. Six grandes statues repré- sentant: Notre-Dame des Victoires, Dieu le Père, sainte Barbe, sainte Thérèse, saint Ignace de Loyola et saint François-Xavier, ainsi que de nombreux motifs décoratifs mettent en valeur le tableau du peintre lucernois Anton Hecht sur lequel figurent la Vierge et l’Enfant. Sa restauration en 2003 laisse apparaître l’inscription «Voilà votre mère».

L’autel latéral nord enfin est dominé par la présence imposante de saint Sébastien, entouré par saint Théodule et saint Maurice. Le fronton est occupé par saint Joseph tenant l’Enfant Jésus dans ses bras. Dans la niche supérieure est sculptée la Sainte Famille, dominée par la Colombe et le Père éternel. Les reliques de Saint Nicolas de Flüe et de Saint Charbel ont été installées lors de la messe du 22 octobre 2006 dans l’autel, en présence de Mgr Youssef Béchara, archevêque d’Antélias au Liban et de Mgr Pierre Bürcher, évêque auxiliaire de Lausanne-Genève et Fribourg, ainsi que du père Paul Nahed, curé de la paroisse St-Jean-Baptiste à Antélias et de l’abbé Grégoire Zufferey, curé de la paroisse de Savièse.

La décoration

A l’exception de l’autel moderne «face au peuple» qui a remplacé un premier autel où l’on retrouvait les éléments de la chaire aux panneaux sculptés du XVIIe siècle (1684), du baptistère, ainsi que de la porte ouvrant sur la nef principale (1687), toute la décoration intérieure de l’église est l’oeuvre du peintre Ernest Biéler qui a travaillé avec l’assistance d’Albert de Wolff.

Esprit éclairé, ouvert, amoureux de la culture, le curé Jean s’était lié d’amitié avec Ernest Biéler. Au printemps 1932, à l’occasion de la rénovation de l’église, il fait appel aux talents de son ami pour la réalisation des verrières.

«Pour comprendre le sens des grandes verrières, il faut tout d’abord savoir de quel principe général nous sommes partis. Les vitraux d’une église doivent être le reflet de la vie religieuse d’une paroisse. Aussi avons-nous choisi comme motifs, les saints auxquels nous avons le plus confiance, les patrons de notre église et de nos chapelles, les scènes religieuses caractéristiques de Savièse.» (Le curé Pierre Jean, Bulletin paroissial, mai 1934.)

Tous les grands artistes rêvent de pouvoir exécuter une oeuvre gigantesque, traversant l’histoire et laissant une trace à travers les siècles. Ernest Biéler saisit cette opportunité et va plus loin en proposant de réaliser l’ensemble de la décoration, afin de conserver l’équilibre et l’harmonie de l’édifice et d’y apporter une atmosphère favorable à la méditation. Durant deux ans, l’artiste travaille sans relâche. Le fruit de son labeur trouve son aboutissement le 28 mai 1934 avec la consécration de l’église restaurée.

Clés de voûte

La voûte

D’élégantes nervures de tuf jaillissent des colonnes et sont reliées à leur jonction par vingt et une clefs de voûtes dont les médaillons représentent: (voir schéma ) Ici le dernier médaillon posé en 1984.

Le mobilier

Les confessionnaux, les lampes, les bénitiers, les portes latérales, les bancs (qui ont remplacé les bancs de 1934 respectant, comme déjà relevé, la ligne des anciens), tout s’est fait au demeurant selon les indications du peintre Ernest Biéler.

La décoration de la tribune a été effectuée également d’après les cartons de Biéler par l’artiste valdotain Faral.

Le Chemin de croix

Le Chemin de croix, d’une grande sobriété, est d’inspiration byzantine. Lors de ses nombreux voyages en Italie, Biéler avait constaté que, pour les mosaïques, ce n’était pas l’exactitude du dessin qui faisait leur beauté décorative, mais la belle répartition des  masses sombres et claires. Il avait également relevé, chez les Byzantins, l’équilibre entre l’élégance de l’inspiration et la simplicité architecturale de la composition. Durant toute la réalisation du chemin de croix, l’artiste n’a jamais perdu de vue ces observations, créant une oeuvre originale et forte. Il faut relever la composition très particulière de la douzième station, représentant le Christ en croix. Contrairement à toutes les représentations classiques, Biéler a placé le Crucifié avec le bras droit détaché de la croix.

Le 28 mai 1934, avant la consécration de l’édifice rénové, Monseigneur Victor Biéler tomba en arrêt devant cette oeuvre surprenante.

Le peintre lui expliqua alors qu’il avait placé ainsi le bras du Christ pour signifier la volonté de ce dernier d’inviter tous les peuples à le suivre. Monseigneur abonda dans son sens et se montra très satisfait de cette idée pour le moins originale.

Les vitraux

Pour la réalisation des vitraux, Ernest Biéler fut confronté rapidement à trois problèmes.

Comment créer des tableaux avec du verre?

Comment obtenir l’unité nécessaire à l’ensemble de l’édifice? Comment faire naître le sentiment religieux ?

Il ne s’agissait plus de peindre avec des ombres et des lumières, mais de capter la lumière qui allait agir sur des masses colorées.

Il a travaillé et retravaillé la disposition de chaque scène jusqu’à ce qu’elles dégagent un sentiment de méditation et élèvent les âmes. Enfin, il a divisé chaque vitrail de la même manière, apportant ainsi une identité rythmique, tout en conservant la diversité de chaque élément.

Vitrail de l’Ascension, offert par le curé Jean

La fenêtre qui se trouve au-dessus du maître-autel existait dans l’église primitive déjà. Mais dans le cours des temps, elle avait été murée, l’autel la masquant complètement. Nous l’avons rouverte pour donner plus de lumière au choeur. Le vitrail représente l’Ascension de Notre Seigneur. Le Christ s’élève, entouré d’anges, les onzes apôtres à la tête auréolée d’or vert le regardent avec tristesse. Ce vitrail , exécuté dans des tons puissants et chauds, avec des verres doublés, donne au choeur et à toute l’église, l’atmosphère de mystère et d’intimité qui leur convient.  (Curé Pierre Jean, bulletin paroissial de juin 1934).

(photo C. Dubuis-Morand)

 




Vitrail de sainte Cécile, offert par les chantres

D’origine patricienne, sainte Cécile fut élevée dans la foi chrétienne. Elle mourut en martyre sous l’empereur Marc-Aurèle. Les musiciens la choisirent pour patronne, parce qu’elle unissait souvent sa voix à la musique instrumentale pour chanter les louanges du Seigneur.

Sur un fond de velours vert d’une richesse incomparable, la sainte occupe le centre de la rose aux multiples pétales et qui rappelle les rosaces classiques  des vieilles cathédrales gothiques. Elle  est assise, les doigts  touchant les cordes d’une harpe, les yeux au ciel et écoutant avec ravissement un concert exécuté par les anges.

Seul un grand artiste,  une âme sincèrement croyante, a pu réaliser une oeuvre aussi belle et d’une inspiration aussi profondèement religieuse. Quand le soleil couchant joue à travers la rosace, c’est une véritable féerie : un faisceau lumineux, fait de toutes les couleurs du prisme, promène lentement ses rayons dans le mystère de l’église, effleure et anime le tuf des colonnes,  illumines les ors des autels, éveille les statues, et enfin salue, dans l’ogive du choeur, le triomphe du Christ s’élevant au ciel.

L’inscription : Cantores Patronae Cantorum – les  chantre à la patronne des chantres – indiquent que ces derniers se sont réservé l’honneur de payer ce vitrail. (Curé  Pierre Jean, bulletin paroissial  de décembre 1934).

Vitrail de Saint Germain, offert par le village de St-Germain.

Composé de 5 médaillons, il résume la vie de Saint Germain, patron de la paroisse. Saint Germain, évêque de Paris, naquit près d’Autun en 494 et mourut en 576. Le premier médaillon représente sa consécration comme Evêque en présence de Childebert Ier, roi des Francs. Ce dernier, cédant à ses conseils, commença à mener une vie moins scandaleuse, se convertit et mourut, assisté sur son lit de mort par le Saint Evêque (deuxième médaillon) St Germain se distingua par la lutte qu’il mena contre l’ananisme et le paganisme qui infestaient le diocèse. Le troisième médaillon le représente, revêtu des ornements épiscopaux et mettant en fuite les démons.

Grâce à ses prières, un incendie qui menaçait de détruire Paris, s’éteignit miraculeusement : C’est la scène qui est représentée dans le quatrième médaillon. Dans le haut du vitrail se trouve la Sainte Vierge, tenant l’Enfant-Jésus dans ses bras; à côté de ce groupe sont dessinés l’église et le clocher de Savièse, sous la protection de Marie et de son enfant. Ce vitrail, par la chaleur et les couleurs, la finesse de son exécution et son style ne déparerait nullement les plus belles cathédrales gothiques.

Le vitrail porte l’inscription : Incolae Sti Germani, Sto Germano.

Vitrail des Rois, offert par le village d’Ormône

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